mercredi 31 octobre 2012

Commentaire sur le blogue de Stéphanie Lemieux-Fortin. Sujet : multiethnicité et Halloween.


Bonjour Stéphanie,


J'ai beaucoup aimé lire ton billet concernant la multiethnicité. Je suis enseignant en classe d'adultes, dans Parc-Extension, ce qui signifie que je dois m'ajuster en permanence à des réalités différentes et éviter certains sujets dits "sensibles" : religion, homosexualité, etc. Néanmoins, rien ne m'empêche de parler de religion et de demander à chacun de mes élèves quelle sont leurs croyances et ainsi d'en faire profiter tous les autres apprenants. Le problème n'est pas dans la thématique, mais dans la manière de l'aborder.

Une bonne solution dans ton cas aurait été de présenter l'Halloween aux enfants, d'expliquer son origine et les formes qu'elle prend au Canada et aux États-Unis. Non, la fête de l'Halloween n'est absolument pas "universelle" et a été imposée par la culture dominante nord-américaine à d'autres régions du monde, comme l'Europe. Étant français moi-même, j'ai pu constater que les pratiques liées à Halloween se sont énormément développées depuis les 10 dernières années, mais qu'auparavant, la célébration de cet évènement était la Toussaint, c'est-à-dire la fête des morts, pendant laquelle les familles françaises ont l'habitude de faire le tour des tombes de leurs proches pour aller les refleurir. Ainsi, en Haïti, la Toussaint est une fête extrêmement importante, mais très teintée de superstition et de sérieux. La place des morts dans les familles est très importante, et n'est pas perçue comme un jeu. De plus, Halloween, comme d'autres fêtes issues traditionnellement de la religion catholique, est devenue avant tout un grand cirque consumériste, et génère des revenus spectaculaires pour toutes sortes d'industries.

Cela dit, en communiquant plus avec les parents, tu aurais pu leur faire comprendre que le but n'était pas de célébrer une fête religieuse, mais de se servir d'un contexte culturel pour arrimer des apprentissages. Toute classe est un milieu multiculturel dans lequel chaque enfant peut s'enrichir de la culture des autres. Ceci est très valable dans les classes d'accueil, par exemple, mais reste pertinent dans une classe régulière. Les parents n'ont pas à dicter ce qui doit être fait ou non en classe, tant que ta pratique respecte la Charte des Droits et Libertés de la Personne. Tu devrais en parler à ta direction et aux autres collègues pour savoir comment ils réagiraient dans ce type de situation et ainsi pouvoir te "couvrir" en cas d'incident.

Pour conclure, je crois que tu aurais tout à fait pu conserver ton activité, ainsi que la thématique abordée, mais simplement l'organiser pour que chaque élève de la classe, quelle que soit sa culture, puisse également valoriser ses pratiques concernant la célébration de la "fête des morts". 

Passe une belle journée.

Commentaire sur le blogue de Catherine Chaussé-Maccabé. Sujet : la motivation.

Bonjour Catherine,

Effectivement, le manque de motivation est une problématique importante en éducation et je pense qu'elle est surtout en développement. J'ai le sentiment que beaucoup de parents ne valorisent pas à sa juste valeur l'importance des apprentissages à l'école et ainsi, ne favorisent pas la motivation de leurs enfants. Je constate ce phénomène dans les milieux défavorisés, dans lesquels l'impact de l'environnement est très important.

La première technique que tu décris découle directement de la flexibilité pédagogique, ou différenciation. On qualifie ce genre de pratique de "tâche ouverte" ou "tâche à choix multiples", qui permet aux élèves, par exemple en mathématiques, de choisir avec quels termes ils vont résoudre un problème. 

Je crois que le plus important, et le plus difficile en même temps, est de faire comprendre aux élèves en quoi les activités proposées sont pertinentes pour la suite de la scolarité et en quoi elles sont signifiantes. La fameuse question du "À quoi ça sert de faire ça ?" doit trouver une réponse immédiate et cohérente, sans quoi les élèves ont le sentiment que même leur professeur ne parvient pas à comprendre le but des activités proposées. 

Je crois que les différents styles d'apprentissage ont également leur importance, mais je tempèrerais celle-ci. En effet, sans planifier spécifiquement une activité pour qu'elle prenne en compte les styles d'apprentissage, il est de toute façon indispensable de proposer des activités variées et utilisant divers modes d'apprentissage. La recherche montre que la capacité de concentration d'un élève du primaire sur un type de tâche spécifique est de quelques minutes (7 à 15 selon les études). Dans tous les cas, une bonne séquence didactique proposera divers types d'exercices.

Le tableau de motivation ne me paraît pas être une bonne idée, en revanche. Tous les systèmes de récompense et d'émulation présentent des "dangers" en classe. Si l'élève reçoit une récompense parce qu'il a estimé que sa motivation était bonne, rien ne l'empêche de s'autoévaluer systématiquement de façon positive pour avancer dans le tableau. De même, les concepts de "bien travailler" et de motivation ne sont pas des corollaires : selon les attentes de l'enseignant, un élève peut tout à fait rendre un travail jugé "bon" sans avoir fait preuve de motivation. Pour augmenter la motivation d'un élève, il nous faut jouer sur sa perception de compétence et de contrôle de ses apprentissages. Ainsi, la motivation ne s'évalue pas formellement, mais nécessite la mise en place de stratégies métacognitives, au-travers desquelles l'élève va pouvoir estimer sa motivation et la mettre en relation avec son ressenti par rapport à ses apprentissages.

Je te souhaite une bonne journée.

Commentaire sur le blogue de Kim Arsenault. Sujet : la suppléance.

Bonjour Kim,

Vaste sujet que la suppléance... Nous sommes tous plus ou moins logés à la même enseigne, nous, les récents finissants d'un baccalauréat. Certains diront qu'il s'agit d'un passage obligé pour "faire nos armes" et ainsi être mieux préparés pour la gestion d'une classe régulière. Je considère que la suppléance nous offre vraiment des opportunités intéressantes : découvrir de nouveaux publics, différents niveaux, différents environnements de travail. L'adaptabilité devient une qualité très importante !!

Néanmoins, je pense que la suppléance nous écarte aussi de ce que doit être la voie d'un enseignant, notamment la création de liens affectifs avec les élèves, la mise en place de stratégies d'enseignement et d'apprentissages à long terme, et surtout la différenciation pédagogique. 

La préparation est indispensable pour être sur de pouvoir gérer la classe et de proposer des activités signifiantes. J'ai beaucoup apprécié le fait que tu (ainsi que les deux autres personnes) fournisses des sites internet permettant d'avoir quelques outils directement utilisables en classe. Dans le cas d'une absence de planification de la part de l'enseignant régulier, il est aussi possible (en fonction du niveau des élèves) de proposer des activités relatives à leur projet professionnel, à leur vision de l'école, à leurs qualités et défauts, etc. Ce type de questionnement est très intéressant, car il place les élèves dans une dynamique dans laquelle ils ont le sentiment qu'on s'intéresse clairement et directement à eux, et cela donne de beaux résultats. C'est aussi une occasion particulièrement intéressante de proposer un enseignement explicite de certaines stratégies que le professeur régulier a pu oublier de mentionner ou d'expliciter.

Bon courage pour la suite de ta carrière et de ta maîtrise.

mercredi 24 octobre 2012

La différenciation pédagogique : une question d'intention didactique

Bonjour à tous,

Afin de valider la poursuite de la maîtrise en orthopédagogie, il m'a été demandé de suivre une propédeutique : le cours DID1220-Didactique de l'arithmétique en adaptation scolaire, qui est un cours de baccalauréat. J'estimais tout d'abord qu'il s'agissait d'une perte de temps, mais je dois avouer que ce cours me permet, jusqu'à maintenant, de véritablement prendre conscience non pas de l'importance, mais de la manière de mettre en oeuvre des stratégies de différenciation au primaire. De plus, je réalise que je sous-estimais la nécessité d'analyser clairement les erreurs mathématiques des élèves dans la détermination de stratégies compensatoires.

Vous trouverez ci-dessous une synthèse de la différenciation pédagogique, comprenant les 4 entrées de différenciation, ainsi que les degrés de différenciation (flexibilité, adaptation, modification). (cliquer sur l'image pour l'agrandir)


(Source : La différenciation pédagogique au coeur de la réussite – Document évolutif
Commission scolaire des Phares – Services éducatifs – Octobre 2010)

L'intention d'évaluation des apprentissages (qu'elle soit formative ou sommative) reste le facteur le plus important dans la différenciation. En effet, selon le critère que nous cherchons à évaluer, notre intervention pourra prendre la forme d'une adaptation ou d'une modification. Prenons un exemple : 

Intervention : donner à l'élève présentant une dyscalculie une calculatrice pour éviter de le confronter à la résolution d'algorithmes : 
Intentions d'évaluation : 
  1. Savoir si l'élève est capable d'effectuer une séquence logique d'étapes de résolution de problèmes : le recours à la calculatrice devient une adaptation, qui ne change pas les critères d'évaluation.
  2. Savoir si l'élève est capable de déterminer les algorithmes à appliquer dans une résolution de problèmes :  le recours à la calculatrice devient une adaptation, qui ne change pas les critères d'évaluation.
  3. Savoir si l'élève est capable d'appliquer de manière efficace les algorithmes permettant la résolution de problèmes :  le recours à la calculatrice devient une modification, qui ne permet plus d'évaluer l'élève de manière régulière. 
Ainsi, avant d'essayer de déterminer les manières de proposer des stratégies compensatoires aux élèves les plus en difficulté, nous devons tout d'abord nous poser la question ce que nous voulons déceler ou mettre en oeuvre dans les activités que nous créons pour nos élèves.

Enfin, la mise en oeuvre de la différenciation peut tout à fait permettre de proposer des activités adaptées aux différents niveaux de nos élèves, tout en laissant la possibilité de poser des questions de suivi communes. Ainsi, la différenciation n'est pas systématiquement discriminatoire, mais peut au contraire valoriser l'élève au moment du retour en plénière sur l'activité réalisée. Par exemple, dans le cadre des mathématiques, la création de tâches parallèles, de tâches à choix multiples ou de tâches ouvertes permet de travailler simultanément avec TOUS les élèves tout en s'appuyant sur leur Zone Proximale de Développement.

Je vous conseille d'aller faire un tour sur le site suivant : 
http://differenciationpedagogique.com/questceque/questceque, qui propose de nombreuses bases théoriques ainsi que des possibilités concrètes d'action.

Bonne journée !

dimanche 21 octobre 2012

Le blogue en tant qu'outil pédagogique : usages pédagogiques, valeur ajoutée, limites

Suite à l'atelier réalisé sur les outils Web 2.0 et réseau, j'estime qu'il pourrait être pertinent de publier dans ce blogue les résultats de mes recherches sur le sujet. 

J'avais, en septembre, publié un billet sur l'utilisation personnelle que j'avais pu faire du blogue en contexte scolaire, mais la recherche effectuée m'a permis de découvrir beaucoup d'autres utilisations (et limites) de cet outil. 


De nombreux usages pédagogiques peuvent être faits des blogues. En voici quelques exemples :

1. Fournir des informations pratiques sur le cours : l’enseignant peut se servir du blogue pour fournir des informations telles que le rappel des devoirs, les sujets à venir, un rétroplanning, etc . (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

2. Prolonger le travail réalisé en classe : l’enseignant peut publier sur le blogue des résumés de son cours ou des fiches mettant en valeur certains points fondamentaux à retenir. Il peut également proposer des ressources complémentaires (vidéos, sites web, lectures) qui complèteront le cours et aideront les élèves à réaliser leurs travaux. (Insulf-FLE, 2010)

3. Raconter la vie de la classe : le blogue peut servir de cahier de classe dans lequel les élèves consigneront les activités réalisées, l’histoire de la classe, le calendrier, etc. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

4. Réaliser un projet pédagogique collaboratif : les blogues permettent aux élèves de mettre en commun leurs ressources et ainsi d’offrir à chaque élève une vue d’ensemble de l’avancement des travaux. De plus, le blogue permet de formaliser les étapes de réalisation d’un projet, depuis la définition de la thématique, jusqu’à la réalisation de celui-ci, à travers de multiples traces (photos, vidéos, journal, comptes-rendus). (Broudoux, 2003)

5. Communiquer : l’aspect communicatif du blogue est sans doute le plus intéressant. La communication peut ainsi s’établir à plusieurs niveaux :

  • entre l’enseignant et les élèves : pour discuter par exemple de difficultés rencontrées en classe, poursuivre certaines discussions entamées à l’école, apporter un soutien didactique..
  • entre les élèves : les élèves peuvent interagir sur des sujets liés à l’école ou à leurs intérêts personnels. Ce type d’interactions est également envisageable avec plusieurs classes différentes, notamment dans le cadre du jumelage avec des classes situées à l’étranger.
  • entre l’enseignant et les parents : grâce au blogue, les parents peuvent se tenir informés des actualités de la classe ou encore des devoirs à faire. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)
 6. Servir d’outil de conservation et de consignation des travaux des élèves et offrir la possibilité de revenir sur certaines productions pour les améliorer. (Gauvin, 2004)

La valeur ajoutée des blogues utilisés en contexte scolaire est très importante. Ils permettent en effet de :

  1. Mettre en œuvre et développer des compétences reliées aux TIC : le PFEQ insiste fortement sur la nécessité pour les élèves de mieux maîtriser les outils technologiques et la création d’un blogue personnel lié au blogue de la classe représente une excellente opportunité de le faire, de façon rapide, simple et relativement intuitive. Les élèves peuvent également être sensibilisés aux bons usages d’Internet et ainsi développer un esprit critique. De surcroît, le blogue est un outil cohérent avec les pratiques habituelles des élèves hors temps scolaire et permet de les préparer aux moyens de communication écrite qu’ils auront à utiliser en contexte professionnel. (Académie de Dijon. CRDP, 2012; Bartlett-Bragg, 2003; Gauvin, 2004; Insulf-FLE, 2010)

2. Éduquer aux médias : encore une fois, le blogue répond aux exigences des domaines généraux de formation du PFEQ, en permettant aux élèves de mieux comprendre le processus de production de l’information sur Internet et ses limites. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

3. Développer des compétences écrites : du fait même de sa forme, le blogue nécessite de la part des élèves une production écrite régulière, mettant en œuvre les mêmes exigences de cohérence textuelle et de syntaxe qu’un travail écrit « classique ». (Insulf-FLE, 2010)

4. L’évaluation formative : cet outil permet à l’enseignant d’évaluer ses élèves sur une base régulière et de proposer des pistes de correction ou d’améliorations, dont le suivi s’en trouve facilité. Le travail de l’élève n’est alors plus perçu comme une version finale mais comme un processus constant de construction. (Scott, 2003)

5. Faciliter l’apprentissage et favoriser la continuité pédagogique : en permettant aux élèves de joindre leur enseignant, même en-dehors des cours, et de proposer des ressources pédagogiques complémentaires, le blogue peut favoriser l’apprentissage chez certains élèves, notamment ceux ayant besoin de plus de temps pour réaliser leurs travaux. L’enseignant peut accompagner plus efficacement les apprenants dans leur démarche de réalisation de travaux.  La forme électronique permet de plus d’introduire une dimension ludique et moderne dans l’apprentissage, tout en favorisant un certain recul réflexif.(Scott, 2003)

6. Entretenir la motivation : depuis quelques années, la question de la motivation devient centrale dans les recherches sur la réussite scolaire. En proposant un outil pédagogique stimulant comme le blogue, l’enseignant peut réussir à favoriser une participation plus active des élèves en difficulté. De plus, certains élèves n’osant pas forcément prendre la parole dans le contexte de la classe pourront certainement dépasser leurs inhibitions en étant amenés à collaborer avec les autres de manière écrite. Enfin, le blogue met en valeur le travail et les efforts des apprenants. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

7. Inciter à l’autonomie : les élèves deviennent véritablement acteurs de leurs apprentissages et peuvent développer de nouvelles stratégies leur permettant de mieux organiser leur temps et leurs productions.(Académie de Dijon. CRDP, 2012)
Malgré leur facilité d’accès et leur simplicité d’utilisation, les blogues admettent quelques contraintes et limites :

1. La nécessité pour tous les élèves d’avoir un accès personnel à Internet, à l’école, mais aussi à la maison.(Insulf-FLE, 010)

2. Le choix d’un logiciel adapté aux besoins de l’utilisation que l’enseignant souhaite faire du blogue.(Insulf-FLE, 2010)

3. Le maintien d’une certaine rigueur dans l’utilisation du blogue par les élèves, pour éviter la perte de motivation. Les élèves doivent donc être encouragés régulièrement à l’utiliser.(Insulf-FLE, 2010)

4.  La définition de projets signifiants : créer un blogue n’est pas une fin en soi et nécessite de la part de l’enseignant une capacité à canaliser et à orienter l’intérêt, par le biais de projets de classe qui alimentent le contenu des écrits.(Bartlett-Bragg, 2003)

5. La modération : la libre-expression des élèves peut donner lieu à des dérapages écrits. Il est donc nécessaire de faire adhérer les élèves à une charte de responsabilité des écrits et de contrôler régulièrement le contenu des messages.(Insulf-FLE, 2010)

6. Les droits d’auteur : comme toute publication Internet, le blogue est soumis à des droits d’auteur qui impliquent que les élèves citent leurs sources, notamment dans l’utilisation d’images.(Broudoux, 2003)

7. La qualité des textes : l’enseignant doit effectuer une veille qualitative pour orienter la production des élèves.(Broudoux, 2003)

8. Le facteur temporel : le rôle central de l’enseignant dans la définition du blogue en tant qu’outil didactique va l’obliger à consacrer un temps non négligeable à la construction et à l’alimentation du blogue. Au niveau secondaire, le grand nombre d’élèves peut amener un enseignant à ne pas s’engager dans cette voie technologique.(Vandal, 2006)

Bibliographie :
Académie de Dijon. CRDP. (2012). Utiliser le blog comme un outil pédagogique. Repéré à
Bartlett-Bragg, A. (2003). Blogging to Learn. Repéré à http://knowledgetree.flexiblelearning.net.au/edition04/pdf/Blogging_to_Learn.pdf
Broudoux, É. (2003). Je blogue, tu blogues, nous bloguons. Du carnet individuel à l'écriture collective. Les dossiers de l'ingénierie éducative, 45.
Gauvin, R. (2004). 30 raisons d'intégrer les cybercarnets en salle de classe. Repéré à
Insulf-FLE. (2010). Qu'est-ce qu'un blog ? Et comment s'en servir pédagogiquement ? Repéré à
Scott, L. (2003). Some Uses of Blogs in Education. Repéré à
Vandal, B. (2006). Des carnets pour l'éducation. Bulletin collégial des technologies de l'information et des communications, 61. Repéré à http://clic.ntic.org/cgi-bin/aff.pl?page=article&id=1001

vendredi 19 octobre 2012

Cours PPA6001 : un nouveau regard sur les TIC

Depuis le début de la session, je constate avec intérêt que le cours PPA6001 m'a d'ores et déjà permis d'acquérir certaines compétences technologiques : je parle notamment ici de l'utilisation de EndNote, logiciel qui me facilite grandement la vie depuis quelques semaines et que je n'avais jamais utilisé durant mes douze années d'études universitaires (8 en France, 4 au Québec). 

Il est très fréquent que les cours basés sur les TIC ne soient en définitive que des sessions de mise à niveau pour certains étudiants qui n'avaient pas encore eu l'opportunité d'être confrontés aux outils technologiques. Ce fut effectivement le cas lors de mon baccalauréat en enseignement du français langue seconde, pendant lequel je n'ai fait qu'exploiter mes compétences, mais tout en restant dans la zone inférieure de ma ZPD (Zone Proximale de Développement) : en bref, je ne faisais qu'appliquer ce que je savais déjà, sans être confronté à de nouveaux défis cognitifs... 

Mais force est de reconnaître que le cours PPA6001 m'a véritablement poussé à utiliser de nouveaux supports technologiques, que je souhaite vivement explorer plus en profondeur (par exemple, les outils Web 2.0) et m'a surtout confronté à ma propre vision de la place des nouvelles technologies dans un contexte éducatif. À ce titre, certains logiciels comme Edmodo, PearlTrees ou encore Twitter m'apparaissent aujourd'hui comme des outils potentiellement exploitables pour favoriser les apprentissages des apprenants.

Si j'avais à définir un "bon" cours, j'utiliserais deux critères principaux : la possibilité d'intégrer les apprentissages réalisés dans ma pratique quotidienne et la capacité du cours à aiguiser ma curiosité vers des sujets connexes à celui-ci. Ces deux exigences étant remplies par le cours de M. Viens, je ne peux qu'être pleinement satisfait.

mercredi 17 octobre 2012

Processus de Production du Handicap

Depuis la rentrée universitaire, j'ai découvert et/ou approfondi de nombreux concepts qui me permettent aujourd'hui de commencer à développer une compréhension plus globale de élèves HDAA et des stratégies de remédiation applicables à certaines situations. 

À ce titre, je considère que le cours PPA6300-Populations d'élèves HDAA est fondateur dans le développement de futures compétences professionnelles en orthopédagogie. Plus je connaîtrai les tenants et les aboutissants des différents types de handicaps, de troubles ou de difficultés, et plus la mise en place d'interventions pertinentes sera facilitée.

Dans le cadre de ce cours, nous avons abordé la notion de PPH ou Processus de Production du Handicap, qui est une spécificité québécoise présente dans les milieux professionnels de réadaptation et qui a beaucoup retenu mon attention. 

Il s'agit en fait ici d'un changement de paradigme quant à la responsabilité du handicap, qui n'est plus vu comme étant "la faute de...", mais bien une interaction entre différents facteurs (personnels et environnementaux), qui empêche une "participation sociale" optimisée. Le PPH sert spécifiquement à identifier ces différents facteurs et à comprendre leur dynamique d'interaction pour pouvoir intervenir sur des éléments spécifiques permettant d'augmenter cette participation sociale.  

J'ai beaucoup aimé l'orientation positive de ce modèle du conception du handicap, très axé sur l'humain et sur la réalisation de son plein potentiel.  "Les maladies, traumatismes et autres atteintes à l’intégrité et au développement de la personne peuvent causer des déficiences et entraîner des incapacités temporaires ou permanentes de nature stable, progressive ou régressive. Ce sont toutefois les différents obstacles ou facilitateurs rencontrés dans le contexte de vie qui, en interaction avec les incapacités de la personne, pourront perturber ses habitudes de vie, compromettre l’accomplissement de ses activités quotidiennes et de ses rôles sociaux et la placer ainsi en situation de pleine participation sociale ou au contraire de handicap."  (FOUGEYROLLAS, CLOUTIER, BERGERON, CÔTÉ, ST MICHEL, 1998)


Le concept de participation sociale peut être défini ainsi : "selon le cadre conceptuel systémique de la classification québécoise: processus de production du handicap, la participation sociale correspond à la réalisation des habitudes de vie, c'est-à-dire les activités courantes et les rôles sociaux d'une personne. Une habitude de vie est une activité courante ou un rôle social valorisé par la personne ou son contexte socioculturel selon ses caractéristiques (l'âge, le sexe, l'identité socioculturelle, etc.). Elle assure la survie et l'épanouissement d'une personne dans sa société tout au long de son existence. La qualité de participation est un indicateur qui s'apprécie sur un continuum ou échelle allant de la situation de participation sociale optimale jusqu'à la situation de handicap complète." (FOUGEYROLLAS, CLOUTIER, BERGERON, CÔTÉ, ST MICHEL, 1998)

Ainsi, en analysant la situation d'une personne à travers le prisme de facteurs proposés par le PPH, nous pouvons immédiatement identifier sur quels facteurs nous allons pouvoir intervenir pour rétablir la participation sociale la plus complète possible. Prenons pour exemple une personne ayant une déficience motrice (Facteurs personnels/Systèmes organiques), et une incapacité à attacher ses lacets (Facteurs personnels/aptitudes). Le fait que les chaussures comportent des lacets est un obstacle (Facteurs environnementaux) qui la place en situation de handicap. En modifiant les obstacles (chaussures à attaches-velcro), la personne retrouve une participation sociale et une autonomie. Mon exemple est trivial, mais illustre bien la raison d'être du PPH.

Je vous invite à consulter deux sites extrêmement complets sur le sujet et offrant une vision plus globale du modèle : 
Bibliographie : 
    FOUGEYROLLAS, P., R. CLOUTIER, H. BERGERON, J. CÔTÉ, G. ST MICHEL (1998). Classification québécoise Processus de production du handicap, Québec, Réseau international sur le Processus de production du handicap (RIPPH)/SCCIDIH



dimanche 14 octobre 2012

Rétroaction sur le eportfolio de Yara Shehata


Le portfolio électronique que je commente aujourd'hui peut être consulté à l'adresse suivante : 

D'un point de vue strictement graphique, Yara, je pense que ton eportfolio correspond tout à fait aux exigences d'une lecture électronique facile. En effet, le choix d'une charte graphique simple et lisible permet de mettre en valeur les textes, et de ne pas être distrait par un grand nombre d'éléments "perturbateurs". 

L'organisation de ton portfolio électronique me semble être adaptée aux exigences du cours. J'apprécie beaucoup que tu aies créé des pages différentes pour les sections, cela évite d'avoir toute l'information sur une seule page, ce qui peut donner une certaine lourdeur à la lecture. Cependant, tu as séparé la session "Mes compétences technologiques" du reste de ton travail. J'ai le sentiment que tu n'as pas vraiment compris ce que M.Viens attendait de nous dans cette section. La compétence développée doit être rattachée à la session d'automne 2012 et n'est pas forcément une compétence "technologique" mais peut être également une compétence reliée à un des cours que tu as choisi de suivre cette session.

Toujours en termes de structure, il te manque une partie intitulée "Contexte du ePortfolio" qui devrait être présente sur la page de ta biographie. 

Néanmoins, je crois que c'est principalement le contenu de ton travail qui peut souffrir de certaines critiques. En effet, en ouvrant la section "Session Automne 2012", j'ai pu constater que tu n'avais inscrit que le cours PPA6001. Je ne sais pas vraiment si tu ne suis que ce cours à la présente session, mais si tel est le cas, tu peux gommer ce commentaire. En revanche, dans la section consacrée au cours PPA6001, il te manque plusieurs informations : le nom du professeur et la session, la liste des principales compétences (que tu peux trouver à la page suivante : http://www.progcours.umontreal.ca/cours/index_fiche_cours/PPA6001.html  (en changeant le sigle du cours que tu recherches).
 De plus, les objectifs à remplir ne sont pas forcément ceux du cours, mais bien ceux en lien avec tes propres objectifs professionnels et personnels. Enfin, tu devrais inclure une sous-section "Ressources et outils transférables à votre pratique"­.

Bref, je crois que tu devrais reprendre cette partie au complet afin de la rendre cohérente avec les critères d'évaluation du ePortfolio.

J'ai pu remarquer aussi, que, tout comme moi, tu n'as pas encore développé la partie "Compétence". Comme je te le disais précédemment, celle-ci n'a pas forcément à être une compétence technologique. Néanmoins, si le cours PPA6001 est le seul que tu suis cette session, il va effectivement être difficile de faire autrement.

J'espère ne pas avoir été trop dur avec toi et que mes commentaires ne te décourageront pas. Je voulais simplement attirer ton attention sur le fait que ton portfolio électronique ne correspondait pas encore aux exigences d'évaluation du cours. Tu as un bel outil entre les mains, il te reste maintenant à le construire plus en profondeur, car la date-butoir du 22 novembre approche à grands pas ! Bon courage à toi et n'hésite pas à me contacter par le biais de mon blogue si tu souhaites des précisions.


mercredi 10 octobre 2012

Diversité des troubles et ressources spécialisées en orthopédagogie

Dans le cadre du cours PPA6300 (population d'élèves HDAA), nous abordons semaine après semaine les différents troubles et difficultés d'apprentissage que nous serons appelés, en tant qu'orthopédagogues, à rencontrer chez notre clientèle. 
L'immense variété de situations possibles va nous amener, en tant que professionnels, à devoir proposer des stratégies applicables directement dans le groupe-classe, mais également en travail individualisé. Il semble toutefois difficile d'être en mesure de poser un diagnostic clair et d'y arrimer des remédiations spécifiques. Nous devrons donc tous nous constituer un réseau de ressources spécialisées nous permettant de parfaire notre formation continue. À ce titre, le centre de documentation de l'OPHQ (Office des Personnes Handicapées du Québec) est une véritable mine d'or. L'inscription est rapide et gratuite, on peut y emprunter 15 documents pour une durée de 3 semaines. 

Ci-dessous, le lien vers cette ressource incontournable : 

Dans le cadre d'un travail sur la dyslexie et la dysorthographie, j'ai consulté trois documents qui offrent un éventail très intéressant de pistes d'intervention didactique : 

Béliveau, M. C. (2007). Dyslexie et autres maux d’école. Éditions du CHU Ste-Justine, Montréal.           

           
Martinez, J. P. (2003). Un dyslexique ou un mauvais lecteur: le grand malentendu: Montréal: Éditions Nouvelles.

samedi 6 octobre 2012

Les cartes conceptuelles : opportunités et limites

J'ai déjà produit un billet théorique sur les réseaux de contextes et sur la possibilité qu'offrent ceux-ci de favoriser les apprentissages, notamment chez les élèves dysphasiques.

J'aimerais aujourd'hui réaliser un billet double concernant ma propre approche des cartes conceptuelles mais également leur utilisation pédagogique.

Pour ma part, l'utilisation d'une carte conceptuelle est une stratégie d'apprentissage très pertinente. Le fait d'avoir à lister tous les sous-concepts impliqués dans la compréhension d'un concept principal me permet d'être sûr de ne pas oublier certains facteurs d'influence. J'ai pris conscience de l'apport de cet outil en analysant mes pratiques de rédaction de travaux universitaires : j'étalais autour de moi plusieurs feuilles de papier, chacune portant sur un aspect du sujet traité, que je remplissais au fur et à mesure de mes lectures.

Toutefois, la carte conceptuelle peut être difficile à utiliser a posteriori. Je veux signifier ici que la carte conceptuelle est pour moi un outil de CONSTRUCTION et non de SYNTHÈSE. À ce titre, l'utilisation de tableaux me permet d'avoir beaucoup plus facilement une vision holistique d'une problématique. En effet, je trouve parfois très difficile de lire une carte conceptuelle, notamment quand celle-ci admet de nombreuses interactions entre les différentes sphères de réflexion.

Vous pourrez trouver ici un exemple de carte conceptuelle et qui concerne ma vision de l'enseignement : (cliquer sur l'image pour l'agrandir)




Concernant l'utilisation en classe de ce type de représentation graphiques, nous pouvons lister plusieurs avantages dans la construction des cartes conceptuelles, mais également quelques difficultés pouvant être anticipées :

Avantages : 
  • Apprentissages signifiants : une information peut devenir une connaissance quand elle est reliée aux connaissances antérieures d'un individu.
  • Structuration des connaissances : nommer les connaissances et rendre explicites les liens entre celles-ci permet d'organiser les connaissances en structures mentales cohérentes.
  • Traitement interne actif des connaissances :  en créant des cartes conceptuelles, l'élève réactualise ses représentations internes, et s'engage dans un processus de traitement profond des connaissances.
  • Outil d'amplification cognitive :  la carte conceptuelle permet une extension de la mémoire de travail.
  • Outil d'autorégulation cognitive : en construisant une carte conceptuelle, l'élève peut résoudre des conflits cognitifs entre ses représentations mentales et leur représentation externe.
  • Outil de compréhension et de mémorisation d'un texte : en décortiquant les concepts contenus dans un texte, l'élève améliore sa compréhension et sa capacité de mémorisation. 

Difficultés :
  • L'appropriation de ce mode de représentation peut représenter un véritable défi pour des élèves ayant été poussés durant toute leur scolarité à des représentations textuelles : risque de surcharge cognitive.
  • L'étiquetage des relations entre les connaissances peut être très problématique pour des élèves utilisant des termes très généraux ou ne possédant pas une certaine richesse lexicale.
  • L'établissement de liens entre des idées nécessite de la part des élèves une conceptualisation préalable : bien souvent, les élèves n'ont pas de connaissances sur le sujet ou ont simplement perçu des relations mais sans jamais les avoir formalisées. 
 Vous trouverez l'intégralité de ces textes ainsi que les références théoriques à l'adresse suivante : http://pages.usherbrooke.ca/schematisation/pages/cartes-conceptuelles.php  

De plus, cette page propose une réflexion pas-à-pas tout à fait intéressante sur le sujet.

mardi 2 octobre 2012

Cours PPA6001 : Potentialités et contraintes

Je pense que le cours que nous avons suivi cette session présente d'énormes avantages pour des étudiants de maîtrise. En effet, mises à part quelques exceptions, la cohorte semble composée essentiellement de professionnels, qui doivent gérer de front le retour aux études, leurs classes et éventuellement une vie de famille. À ce titre, la possibilité de gérer une grande partie de nos apprentissages, de nos travaux  et de nos choix par le biais d'un portail tel que Studium permet certainement à la plupart d'entre nous de concilier plus souplement les différentes sphères dans lesquelles nous évoluons.

Les aspects techniques ne m'ont posé aucun problème, dans la mesure où je travaille avec l'outil informatique depuis de nombreuses années. La découverte de nouvelles pratiques informatiques est pour moi une source de motivation, car je dois avouer posséder l'âme d'un "geek"...

En revanche, une formule ouverte telle que proposée par M. Viens m'a posé certains problèmes organisationnels. J'ai conscience d'avoir une gestion parfois déficitaire des priorités et du temps, et ce faisant, j'ai eu parfois tendance à délaisser certains travaux du cours pour me concentrer sur d'autres objectifs que j'estimais alors plus pressants. De plus, certains évènements tragiques dans ma vie personnelle ont constitué des obstacles à une tenue rigoureuse du présent blogue. Néanmoins, la possibilité de compléter nos travaux et de les rendre à distance m'a beaucoup simplifié la vie, car je n'étais pas tributaire d'un contexte formel de classe.

Grâce à cette expérience de gestion de blogue, je peux maintenant clairement situer quelles limites doivent être fixées aux apprenants afin de s'assurer que cet outil puisse s'inscrire dans une stratégie d'apprentissage. Il est clair, par exemple, que le contrôle des blogues des apprenants doit se faire de manière régulière, afin de permettre des réajustements rapides. Or, qui dit contrôle dit également temps : tous les enseignants sont conscients que plus ils multiplient les occasions d'évaluation formative, plus ils augmentent leur charge de travail à domicile.

Cependant, il est très clair que le support informatique permet de conserver des traces des écrits des élèves à très long terme, et ainsi de constituer un véritable dossier dans lequel il sera plus facile d'aller déterminer les erreurs récurrentes, ou encore de dresser un portrait longitudinal des forces et des faiblesses des apprenants.