Bonjour Catherine,
Effectivement, le manque de motivation est une problématique importante en éducation et je pense qu'elle est surtout en développement. J'ai le sentiment que beaucoup de parents ne valorisent pas à sa juste valeur l'importance des apprentissages à l'école et ainsi, ne favorisent pas la motivation de leurs enfants. Je constate ce phénomène dans les milieux défavorisés, dans lesquels l'impact de l'environnement est très important.
La première technique que tu décris découle directement de la flexibilité pédagogique, ou différenciation. On qualifie ce genre de pratique de "tâche ouverte" ou "tâche à choix multiples", qui permet aux élèves, par exemple en mathématiques, de choisir avec quels termes ils vont résoudre un problème.
Je crois que le plus important, et le plus difficile en même temps, est de faire comprendre aux élèves en quoi les activités proposées sont pertinentes pour la suite de la scolarité et en quoi elles sont signifiantes. La fameuse question du "À quoi ça sert de faire ça ?" doit trouver une réponse immédiate et cohérente, sans quoi les élèves ont le sentiment que même leur professeur ne parvient pas à comprendre le but des activités proposées.
Je crois que les différents styles d'apprentissage ont également leur importance, mais je tempèrerais celle-ci. En effet, sans planifier spécifiquement une activité pour qu'elle prenne en compte les styles d'apprentissage, il est de toute façon indispensable de proposer des activités variées et utilisant divers modes d'apprentissage. La recherche montre que la capacité de concentration d'un élève du primaire sur un type de tâche spécifique est de quelques minutes (7 à 15 selon les études). Dans tous les cas, une bonne séquence didactique proposera divers types d'exercices.
Le tableau de motivation ne me paraît pas être une bonne idée, en revanche. Tous les systèmes de récompense et d'émulation présentent des "dangers" en classe. Si l'élève reçoit une récompense parce qu'il a estimé que sa motivation était bonne, rien ne l'empêche de s'autoévaluer systématiquement de façon positive pour avancer dans le tableau. De même, les concepts de "bien travailler" et de motivation ne sont pas des corollaires : selon les attentes de l'enseignant, un élève peut tout à fait rendre un travail jugé "bon" sans avoir fait preuve de motivation. Pour augmenter la motivation d'un élève, il nous faut jouer sur sa perception de compétence et de contrôle de ses apprentissages. Ainsi, la motivation ne s'évalue pas formellement, mais nécessite la mise en place de stratégies métacognitives, au-travers desquelles l'élève va pouvoir estimer sa motivation et la mettre en relation avec son ressenti par rapport à ses apprentissages.
Je te souhaite une bonne journée.
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