vendredi 2 novembre 2012

Commentaire sur le blogue de Mariline Pion-Paquette. Sujet : situation dangereuse et désaccord avec la TES.


Bonjour Mariline,

Nous entendons souvent parler de gestion de classe, mais il est rare que la problématique de "gestion d'équipe éducative" soit abordée. Dans ton cas, je pense que tu es tout à fait en droit, au vu de la situation que tu viens de vivre, de demander un ajustement dans les procédures et le matériel de ta classe. Il est tout à fait possible d'utiliser des ciseaux qui ne représentent pas un danger pour toi ou les autres élèves si jamais un apprenant vivait une crise importante : ciseaux en plastique, à bout rond, etc. 

Il est également important de considérer qu'une TES est une aide dans la classe. Son avis peut être très pertinent concernant des stratégies d'intervention, mais tu restes le maître à bord dans ton environnement. Tu devrais effectivement en parler à d'autres collègues et à ta direction, car il n'est pas normal d'entrer en conflit avec un collègue concernant tes prérogatives. 

Il ne s'agit pas ici d'entrer en conflit ouvert avec ta TES, car la cohésion de ton équipe est indispensable par rapport à la bonne conduite de ta classe. Mais je pense qu'étant donné ton ressenti par rapport à la situation, tu devrais prendre un moment pour discuter avec elle et lui parler franchement (et surtout au "je") : par exemple : "JE me sens ..... par rapport à ce qui s'est passé dans la classe et JE crois que nous pourrions.... . Qu'en penses-tu ?". Tu ne dois pas laisser perdurer une situation dans laquelle tu te sens nerveuse et inconfortable. 

J'aime beaucoup la conclusion de ton billet. En effet, ce genre d'expérience est indispensable pour la suite, car tu es en train d'apprendre que le début de l'année est absolument indispensable dans la détermination de ton cadre de gestion éducative. Dès le départ, tu dois prendre les rênes et imposer certains éléments et conduites à tenir dans ta classe. Il serait aussi possible que tu demandes à ta TES d'avoir régulièrement (base mensuelle, par exemple) une réunion d'équipe dans laquelle vous pourriez aborder tous les facteurs d'inconfort ou toutes les pistes de solution. La petite discussion entre deux périodes n'amène généralement aucun effet, alors que le fait de formaliser une réunion permet de vraiment fonctionner en synergie.

Je te souhaite du courage et ne perds pas de vue que toutes ces expériences désagréables vont te permettre de mieux te situer par rapport à tes attentes, et ainsi de mettre en place des stratégies pour éviter les mauvaises surprises à l'avenir.

Bonne journée !

jeudi 1 novembre 2012

Bilan de l'expérience du blogue



L'expérience "bloguaire" a été pour moi très intéressante. Le début de ma session a été marqué par des évènements extrêmement pénibles au point de vue personnel, et j'ai eu beaucoup de mal à "raccrocher le wagon". Mais, dès que j'ai pu revenir à un rythme plus "normal", j'ai pris beaucoup de plaisir à pouvoir faire partager à mes collègues certaines de mes réflexions sur le cours PPA6001, mais également sur d'autres cours de la session d'automne 2012.



Le seul véritable obstacle que j'ai pu rencontrer a été celui des commentaires. J'avoue bien volontiers que j'ai complètement oublié de commenter les réactions des participants de ma cohorte chaque semaine, et je me retrouve donc avec plusieurs commentaires réalisés le même jour. D'un autre côté, je pense que cela a été un mal pour un bien, car j'ai pu ainsi me consacrer exclusivement au parcours des autres blogues et aux commentaires sur les sujets que je trouvais intéressants. Il est vrai que parfois, gérer l’exécution de plusieurs tâches conjointement peut être ardu (réfléchir pour ses propres interventions + interagir avec celles des autres).

Cette activité m'a permis de développer une certaine rigueur, mais également de réaliser que le blogue est un outil de consignation formidable. Je ne suis pas certain que dans deux ans, j'aurais encore en mémoire certains apprentissages importants que je suis en train de réaliser. Mais, en les synthétisant et en faisant l'effort de les publier, j'ai l'impression de développer une nouvelle stratégie d'apprentissage, qui me permettra d'intégrer en mémoire à long terme ces nouvelles connaissances.

Je pense que l'outil blogue souffre d'un certain manque d'interactivité. Il serait peut-être pertinent de coupler nos blogues à un forum rapidement consultable (par exemple ne contenant que les titres des interventions, les auteurs et un hyperlien) car il est parfois pénible de parcourir tous les blogues les uns après les autres pour trouver une intervention nous donnant envie de réagir. Ainsi, en un coup d'oeil, nous serions capables de voir les thématiques abordées par nos collègues et d'y réagir, éventuellement par le biais du forum, pour que nos commentaires soient accessibles à tous.

Mis à part ce point, je pense que l'objectif d'analyse réflexive visé par les outils du cours PPA6001 est très largement rempli.

mercredi 31 octobre 2012

Commentaire sur le blogue de Stéphanie Lemieux-Fortin. Sujet : multiethnicité et Halloween.


Bonjour Stéphanie,


J'ai beaucoup aimé lire ton billet concernant la multiethnicité. Je suis enseignant en classe d'adultes, dans Parc-Extension, ce qui signifie que je dois m'ajuster en permanence à des réalités différentes et éviter certains sujets dits "sensibles" : religion, homosexualité, etc. Néanmoins, rien ne m'empêche de parler de religion et de demander à chacun de mes élèves quelle sont leurs croyances et ainsi d'en faire profiter tous les autres apprenants. Le problème n'est pas dans la thématique, mais dans la manière de l'aborder.

Une bonne solution dans ton cas aurait été de présenter l'Halloween aux enfants, d'expliquer son origine et les formes qu'elle prend au Canada et aux États-Unis. Non, la fête de l'Halloween n'est absolument pas "universelle" et a été imposée par la culture dominante nord-américaine à d'autres régions du monde, comme l'Europe. Étant français moi-même, j'ai pu constater que les pratiques liées à Halloween se sont énormément développées depuis les 10 dernières années, mais qu'auparavant, la célébration de cet évènement était la Toussaint, c'est-à-dire la fête des morts, pendant laquelle les familles françaises ont l'habitude de faire le tour des tombes de leurs proches pour aller les refleurir. Ainsi, en Haïti, la Toussaint est une fête extrêmement importante, mais très teintée de superstition et de sérieux. La place des morts dans les familles est très importante, et n'est pas perçue comme un jeu. De plus, Halloween, comme d'autres fêtes issues traditionnellement de la religion catholique, est devenue avant tout un grand cirque consumériste, et génère des revenus spectaculaires pour toutes sortes d'industries.

Cela dit, en communiquant plus avec les parents, tu aurais pu leur faire comprendre que le but n'était pas de célébrer une fête religieuse, mais de se servir d'un contexte culturel pour arrimer des apprentissages. Toute classe est un milieu multiculturel dans lequel chaque enfant peut s'enrichir de la culture des autres. Ceci est très valable dans les classes d'accueil, par exemple, mais reste pertinent dans une classe régulière. Les parents n'ont pas à dicter ce qui doit être fait ou non en classe, tant que ta pratique respecte la Charte des Droits et Libertés de la Personne. Tu devrais en parler à ta direction et aux autres collègues pour savoir comment ils réagiraient dans ce type de situation et ainsi pouvoir te "couvrir" en cas d'incident.

Pour conclure, je crois que tu aurais tout à fait pu conserver ton activité, ainsi que la thématique abordée, mais simplement l'organiser pour que chaque élève de la classe, quelle que soit sa culture, puisse également valoriser ses pratiques concernant la célébration de la "fête des morts". 

Passe une belle journée.

Commentaire sur le blogue de Catherine Chaussé-Maccabé. Sujet : la motivation.

Bonjour Catherine,

Effectivement, le manque de motivation est une problématique importante en éducation et je pense qu'elle est surtout en développement. J'ai le sentiment que beaucoup de parents ne valorisent pas à sa juste valeur l'importance des apprentissages à l'école et ainsi, ne favorisent pas la motivation de leurs enfants. Je constate ce phénomène dans les milieux défavorisés, dans lesquels l'impact de l'environnement est très important.

La première technique que tu décris découle directement de la flexibilité pédagogique, ou différenciation. On qualifie ce genre de pratique de "tâche ouverte" ou "tâche à choix multiples", qui permet aux élèves, par exemple en mathématiques, de choisir avec quels termes ils vont résoudre un problème. 

Je crois que le plus important, et le plus difficile en même temps, est de faire comprendre aux élèves en quoi les activités proposées sont pertinentes pour la suite de la scolarité et en quoi elles sont signifiantes. La fameuse question du "À quoi ça sert de faire ça ?" doit trouver une réponse immédiate et cohérente, sans quoi les élèves ont le sentiment que même leur professeur ne parvient pas à comprendre le but des activités proposées. 

Je crois que les différents styles d'apprentissage ont également leur importance, mais je tempèrerais celle-ci. En effet, sans planifier spécifiquement une activité pour qu'elle prenne en compte les styles d'apprentissage, il est de toute façon indispensable de proposer des activités variées et utilisant divers modes d'apprentissage. La recherche montre que la capacité de concentration d'un élève du primaire sur un type de tâche spécifique est de quelques minutes (7 à 15 selon les études). Dans tous les cas, une bonne séquence didactique proposera divers types d'exercices.

Le tableau de motivation ne me paraît pas être une bonne idée, en revanche. Tous les systèmes de récompense et d'émulation présentent des "dangers" en classe. Si l'élève reçoit une récompense parce qu'il a estimé que sa motivation était bonne, rien ne l'empêche de s'autoévaluer systématiquement de façon positive pour avancer dans le tableau. De même, les concepts de "bien travailler" et de motivation ne sont pas des corollaires : selon les attentes de l'enseignant, un élève peut tout à fait rendre un travail jugé "bon" sans avoir fait preuve de motivation. Pour augmenter la motivation d'un élève, il nous faut jouer sur sa perception de compétence et de contrôle de ses apprentissages. Ainsi, la motivation ne s'évalue pas formellement, mais nécessite la mise en place de stratégies métacognitives, au-travers desquelles l'élève va pouvoir estimer sa motivation et la mettre en relation avec son ressenti par rapport à ses apprentissages.

Je te souhaite une bonne journée.

Commentaire sur le blogue de Kim Arsenault. Sujet : la suppléance.

Bonjour Kim,

Vaste sujet que la suppléance... Nous sommes tous plus ou moins logés à la même enseigne, nous, les récents finissants d'un baccalauréat. Certains diront qu'il s'agit d'un passage obligé pour "faire nos armes" et ainsi être mieux préparés pour la gestion d'une classe régulière. Je considère que la suppléance nous offre vraiment des opportunités intéressantes : découvrir de nouveaux publics, différents niveaux, différents environnements de travail. L'adaptabilité devient une qualité très importante !!

Néanmoins, je pense que la suppléance nous écarte aussi de ce que doit être la voie d'un enseignant, notamment la création de liens affectifs avec les élèves, la mise en place de stratégies d'enseignement et d'apprentissages à long terme, et surtout la différenciation pédagogique. 

La préparation est indispensable pour être sur de pouvoir gérer la classe et de proposer des activités signifiantes. J'ai beaucoup apprécié le fait que tu (ainsi que les deux autres personnes) fournisses des sites internet permettant d'avoir quelques outils directement utilisables en classe. Dans le cas d'une absence de planification de la part de l'enseignant régulier, il est aussi possible (en fonction du niveau des élèves) de proposer des activités relatives à leur projet professionnel, à leur vision de l'école, à leurs qualités et défauts, etc. Ce type de questionnement est très intéressant, car il place les élèves dans une dynamique dans laquelle ils ont le sentiment qu'on s'intéresse clairement et directement à eux, et cela donne de beaux résultats. C'est aussi une occasion particulièrement intéressante de proposer un enseignement explicite de certaines stratégies que le professeur régulier a pu oublier de mentionner ou d'expliciter.

Bon courage pour la suite de ta carrière et de ta maîtrise.

mercredi 24 octobre 2012

La différenciation pédagogique : une question d'intention didactique

Bonjour à tous,

Afin de valider la poursuite de la maîtrise en orthopédagogie, il m'a été demandé de suivre une propédeutique : le cours DID1220-Didactique de l'arithmétique en adaptation scolaire, qui est un cours de baccalauréat. J'estimais tout d'abord qu'il s'agissait d'une perte de temps, mais je dois avouer que ce cours me permet, jusqu'à maintenant, de véritablement prendre conscience non pas de l'importance, mais de la manière de mettre en oeuvre des stratégies de différenciation au primaire. De plus, je réalise que je sous-estimais la nécessité d'analyser clairement les erreurs mathématiques des élèves dans la détermination de stratégies compensatoires.

Vous trouverez ci-dessous une synthèse de la différenciation pédagogique, comprenant les 4 entrées de différenciation, ainsi que les degrés de différenciation (flexibilité, adaptation, modification). (cliquer sur l'image pour l'agrandir)


(Source : La différenciation pédagogique au coeur de la réussite – Document évolutif
Commission scolaire des Phares – Services éducatifs – Octobre 2010)

L'intention d'évaluation des apprentissages (qu'elle soit formative ou sommative) reste le facteur le plus important dans la différenciation. En effet, selon le critère que nous cherchons à évaluer, notre intervention pourra prendre la forme d'une adaptation ou d'une modification. Prenons un exemple : 

Intervention : donner à l'élève présentant une dyscalculie une calculatrice pour éviter de le confronter à la résolution d'algorithmes : 
Intentions d'évaluation : 
  1. Savoir si l'élève est capable d'effectuer une séquence logique d'étapes de résolution de problèmes : le recours à la calculatrice devient une adaptation, qui ne change pas les critères d'évaluation.
  2. Savoir si l'élève est capable de déterminer les algorithmes à appliquer dans une résolution de problèmes :  le recours à la calculatrice devient une adaptation, qui ne change pas les critères d'évaluation.
  3. Savoir si l'élève est capable d'appliquer de manière efficace les algorithmes permettant la résolution de problèmes :  le recours à la calculatrice devient une modification, qui ne permet plus d'évaluer l'élève de manière régulière. 
Ainsi, avant d'essayer de déterminer les manières de proposer des stratégies compensatoires aux élèves les plus en difficulté, nous devons tout d'abord nous poser la question ce que nous voulons déceler ou mettre en oeuvre dans les activités que nous créons pour nos élèves.

Enfin, la mise en oeuvre de la différenciation peut tout à fait permettre de proposer des activités adaptées aux différents niveaux de nos élèves, tout en laissant la possibilité de poser des questions de suivi communes. Ainsi, la différenciation n'est pas systématiquement discriminatoire, mais peut au contraire valoriser l'élève au moment du retour en plénière sur l'activité réalisée. Par exemple, dans le cadre des mathématiques, la création de tâches parallèles, de tâches à choix multiples ou de tâches ouvertes permet de travailler simultanément avec TOUS les élèves tout en s'appuyant sur leur Zone Proximale de Développement.

Je vous conseille d'aller faire un tour sur le site suivant : 
http://differenciationpedagogique.com/questceque/questceque, qui propose de nombreuses bases théoriques ainsi que des possibilités concrètes d'action.

Bonne journée !

dimanche 21 octobre 2012

Le blogue en tant qu'outil pédagogique : usages pédagogiques, valeur ajoutée, limites

Suite à l'atelier réalisé sur les outils Web 2.0 et réseau, j'estime qu'il pourrait être pertinent de publier dans ce blogue les résultats de mes recherches sur le sujet. 

J'avais, en septembre, publié un billet sur l'utilisation personnelle que j'avais pu faire du blogue en contexte scolaire, mais la recherche effectuée m'a permis de découvrir beaucoup d'autres utilisations (et limites) de cet outil. 


De nombreux usages pédagogiques peuvent être faits des blogues. En voici quelques exemples :

1. Fournir des informations pratiques sur le cours : l’enseignant peut se servir du blogue pour fournir des informations telles que le rappel des devoirs, les sujets à venir, un rétroplanning, etc . (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

2. Prolonger le travail réalisé en classe : l’enseignant peut publier sur le blogue des résumés de son cours ou des fiches mettant en valeur certains points fondamentaux à retenir. Il peut également proposer des ressources complémentaires (vidéos, sites web, lectures) qui complèteront le cours et aideront les élèves à réaliser leurs travaux. (Insulf-FLE, 2010)

3. Raconter la vie de la classe : le blogue peut servir de cahier de classe dans lequel les élèves consigneront les activités réalisées, l’histoire de la classe, le calendrier, etc. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

4. Réaliser un projet pédagogique collaboratif : les blogues permettent aux élèves de mettre en commun leurs ressources et ainsi d’offrir à chaque élève une vue d’ensemble de l’avancement des travaux. De plus, le blogue permet de formaliser les étapes de réalisation d’un projet, depuis la définition de la thématique, jusqu’à la réalisation de celui-ci, à travers de multiples traces (photos, vidéos, journal, comptes-rendus). (Broudoux, 2003)

5. Communiquer : l’aspect communicatif du blogue est sans doute le plus intéressant. La communication peut ainsi s’établir à plusieurs niveaux :

  • entre l’enseignant et les élèves : pour discuter par exemple de difficultés rencontrées en classe, poursuivre certaines discussions entamées à l’école, apporter un soutien didactique..
  • entre les élèves : les élèves peuvent interagir sur des sujets liés à l’école ou à leurs intérêts personnels. Ce type d’interactions est également envisageable avec plusieurs classes différentes, notamment dans le cadre du jumelage avec des classes situées à l’étranger.
  • entre l’enseignant et les parents : grâce au blogue, les parents peuvent se tenir informés des actualités de la classe ou encore des devoirs à faire. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)
 6. Servir d’outil de conservation et de consignation des travaux des élèves et offrir la possibilité de revenir sur certaines productions pour les améliorer. (Gauvin, 2004)

La valeur ajoutée des blogues utilisés en contexte scolaire est très importante. Ils permettent en effet de :

  1. Mettre en œuvre et développer des compétences reliées aux TIC : le PFEQ insiste fortement sur la nécessité pour les élèves de mieux maîtriser les outils technologiques et la création d’un blogue personnel lié au blogue de la classe représente une excellente opportunité de le faire, de façon rapide, simple et relativement intuitive. Les élèves peuvent également être sensibilisés aux bons usages d’Internet et ainsi développer un esprit critique. De surcroît, le blogue est un outil cohérent avec les pratiques habituelles des élèves hors temps scolaire et permet de les préparer aux moyens de communication écrite qu’ils auront à utiliser en contexte professionnel. (Académie de Dijon. CRDP, 2012; Bartlett-Bragg, 2003; Gauvin, 2004; Insulf-FLE, 2010)

2. Éduquer aux médias : encore une fois, le blogue répond aux exigences des domaines généraux de formation du PFEQ, en permettant aux élèves de mieux comprendre le processus de production de l’information sur Internet et ses limites. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

3. Développer des compétences écrites : du fait même de sa forme, le blogue nécessite de la part des élèves une production écrite régulière, mettant en œuvre les mêmes exigences de cohérence textuelle et de syntaxe qu’un travail écrit « classique ». (Insulf-FLE, 2010)

4. L’évaluation formative : cet outil permet à l’enseignant d’évaluer ses élèves sur une base régulière et de proposer des pistes de correction ou d’améliorations, dont le suivi s’en trouve facilité. Le travail de l’élève n’est alors plus perçu comme une version finale mais comme un processus constant de construction. (Scott, 2003)

5. Faciliter l’apprentissage et favoriser la continuité pédagogique : en permettant aux élèves de joindre leur enseignant, même en-dehors des cours, et de proposer des ressources pédagogiques complémentaires, le blogue peut favoriser l’apprentissage chez certains élèves, notamment ceux ayant besoin de plus de temps pour réaliser leurs travaux. L’enseignant peut accompagner plus efficacement les apprenants dans leur démarche de réalisation de travaux.  La forme électronique permet de plus d’introduire une dimension ludique et moderne dans l’apprentissage, tout en favorisant un certain recul réflexif.(Scott, 2003)

6. Entretenir la motivation : depuis quelques années, la question de la motivation devient centrale dans les recherches sur la réussite scolaire. En proposant un outil pédagogique stimulant comme le blogue, l’enseignant peut réussir à favoriser une participation plus active des élèves en difficulté. De plus, certains élèves n’osant pas forcément prendre la parole dans le contexte de la classe pourront certainement dépasser leurs inhibitions en étant amenés à collaborer avec les autres de manière écrite. Enfin, le blogue met en valeur le travail et les efforts des apprenants. (Académie de Dijon. CRDP, 2012)

7. Inciter à l’autonomie : les élèves deviennent véritablement acteurs de leurs apprentissages et peuvent développer de nouvelles stratégies leur permettant de mieux organiser leur temps et leurs productions.(Académie de Dijon. CRDP, 2012)
Malgré leur facilité d’accès et leur simplicité d’utilisation, les blogues admettent quelques contraintes et limites :

1. La nécessité pour tous les élèves d’avoir un accès personnel à Internet, à l’école, mais aussi à la maison.(Insulf-FLE, 010)

2. Le choix d’un logiciel adapté aux besoins de l’utilisation que l’enseignant souhaite faire du blogue.(Insulf-FLE, 2010)

3. Le maintien d’une certaine rigueur dans l’utilisation du blogue par les élèves, pour éviter la perte de motivation. Les élèves doivent donc être encouragés régulièrement à l’utiliser.(Insulf-FLE, 2010)

4.  La définition de projets signifiants : créer un blogue n’est pas une fin en soi et nécessite de la part de l’enseignant une capacité à canaliser et à orienter l’intérêt, par le biais de projets de classe qui alimentent le contenu des écrits.(Bartlett-Bragg, 2003)

5. La modération : la libre-expression des élèves peut donner lieu à des dérapages écrits. Il est donc nécessaire de faire adhérer les élèves à une charte de responsabilité des écrits et de contrôler régulièrement le contenu des messages.(Insulf-FLE, 2010)

6. Les droits d’auteur : comme toute publication Internet, le blogue est soumis à des droits d’auteur qui impliquent que les élèves citent leurs sources, notamment dans l’utilisation d’images.(Broudoux, 2003)

7. La qualité des textes : l’enseignant doit effectuer une veille qualitative pour orienter la production des élèves.(Broudoux, 2003)

8. Le facteur temporel : le rôle central de l’enseignant dans la définition du blogue en tant qu’outil didactique va l’obliger à consacrer un temps non négligeable à la construction et à l’alimentation du blogue. Au niveau secondaire, le grand nombre d’élèves peut amener un enseignant à ne pas s’engager dans cette voie technologique.(Vandal, 2006)

Bibliographie :
Académie de Dijon. CRDP. (2012). Utiliser le blog comme un outil pédagogique. Repéré à
Bartlett-Bragg, A. (2003). Blogging to Learn. Repéré à http://knowledgetree.flexiblelearning.net.au/edition04/pdf/Blogging_to_Learn.pdf
Broudoux, É. (2003). Je blogue, tu blogues, nous bloguons. Du carnet individuel à l'écriture collective. Les dossiers de l'ingénierie éducative, 45.
Gauvin, R. (2004). 30 raisons d'intégrer les cybercarnets en salle de classe. Repéré à
Insulf-FLE. (2010). Qu'est-ce qu'un blog ? Et comment s'en servir pédagogiquement ? Repéré à
Scott, L. (2003). Some Uses of Blogs in Education. Repéré à
Vandal, B. (2006). Des carnets pour l'éducation. Bulletin collégial des technologies de l'information et des communications, 61. Repéré à http://clic.ntic.org/cgi-bin/aff.pl?page=article&id=1001

vendredi 19 octobre 2012

Cours PPA6001 : un nouveau regard sur les TIC

Depuis le début de la session, je constate avec intérêt que le cours PPA6001 m'a d'ores et déjà permis d'acquérir certaines compétences technologiques : je parle notamment ici de l'utilisation de EndNote, logiciel qui me facilite grandement la vie depuis quelques semaines et que je n'avais jamais utilisé durant mes douze années d'études universitaires (8 en France, 4 au Québec). 

Il est très fréquent que les cours basés sur les TIC ne soient en définitive que des sessions de mise à niveau pour certains étudiants qui n'avaient pas encore eu l'opportunité d'être confrontés aux outils technologiques. Ce fut effectivement le cas lors de mon baccalauréat en enseignement du français langue seconde, pendant lequel je n'ai fait qu'exploiter mes compétences, mais tout en restant dans la zone inférieure de ma ZPD (Zone Proximale de Développement) : en bref, je ne faisais qu'appliquer ce que je savais déjà, sans être confronté à de nouveaux défis cognitifs... 

Mais force est de reconnaître que le cours PPA6001 m'a véritablement poussé à utiliser de nouveaux supports technologiques, que je souhaite vivement explorer plus en profondeur (par exemple, les outils Web 2.0) et m'a surtout confronté à ma propre vision de la place des nouvelles technologies dans un contexte éducatif. À ce titre, certains logiciels comme Edmodo, PearlTrees ou encore Twitter m'apparaissent aujourd'hui comme des outils potentiellement exploitables pour favoriser les apprentissages des apprenants.

Si j'avais à définir un "bon" cours, j'utiliserais deux critères principaux : la possibilité d'intégrer les apprentissages réalisés dans ma pratique quotidienne et la capacité du cours à aiguiser ma curiosité vers des sujets connexes à celui-ci. Ces deux exigences étant remplies par le cours de M. Viens, je ne peux qu'être pleinement satisfait.

mercredi 17 octobre 2012

Processus de Production du Handicap

Depuis la rentrée universitaire, j'ai découvert et/ou approfondi de nombreux concepts qui me permettent aujourd'hui de commencer à développer une compréhension plus globale de élèves HDAA et des stratégies de remédiation applicables à certaines situations. 

À ce titre, je considère que le cours PPA6300-Populations d'élèves HDAA est fondateur dans le développement de futures compétences professionnelles en orthopédagogie. Plus je connaîtrai les tenants et les aboutissants des différents types de handicaps, de troubles ou de difficultés, et plus la mise en place d'interventions pertinentes sera facilitée.

Dans le cadre de ce cours, nous avons abordé la notion de PPH ou Processus de Production du Handicap, qui est une spécificité québécoise présente dans les milieux professionnels de réadaptation et qui a beaucoup retenu mon attention. 

Il s'agit en fait ici d'un changement de paradigme quant à la responsabilité du handicap, qui n'est plus vu comme étant "la faute de...", mais bien une interaction entre différents facteurs (personnels et environnementaux), qui empêche une "participation sociale" optimisée. Le PPH sert spécifiquement à identifier ces différents facteurs et à comprendre leur dynamique d'interaction pour pouvoir intervenir sur des éléments spécifiques permettant d'augmenter cette participation sociale.  

J'ai beaucoup aimé l'orientation positive de ce modèle du conception du handicap, très axé sur l'humain et sur la réalisation de son plein potentiel.  "Les maladies, traumatismes et autres atteintes à l’intégrité et au développement de la personne peuvent causer des déficiences et entraîner des incapacités temporaires ou permanentes de nature stable, progressive ou régressive. Ce sont toutefois les différents obstacles ou facilitateurs rencontrés dans le contexte de vie qui, en interaction avec les incapacités de la personne, pourront perturber ses habitudes de vie, compromettre l’accomplissement de ses activités quotidiennes et de ses rôles sociaux et la placer ainsi en situation de pleine participation sociale ou au contraire de handicap."  (FOUGEYROLLAS, CLOUTIER, BERGERON, CÔTÉ, ST MICHEL, 1998)


Le concept de participation sociale peut être défini ainsi : "selon le cadre conceptuel systémique de la classification québécoise: processus de production du handicap, la participation sociale correspond à la réalisation des habitudes de vie, c'est-à-dire les activités courantes et les rôles sociaux d'une personne. Une habitude de vie est une activité courante ou un rôle social valorisé par la personne ou son contexte socioculturel selon ses caractéristiques (l'âge, le sexe, l'identité socioculturelle, etc.). Elle assure la survie et l'épanouissement d'une personne dans sa société tout au long de son existence. La qualité de participation est un indicateur qui s'apprécie sur un continuum ou échelle allant de la situation de participation sociale optimale jusqu'à la situation de handicap complète." (FOUGEYROLLAS, CLOUTIER, BERGERON, CÔTÉ, ST MICHEL, 1998)

Ainsi, en analysant la situation d'une personne à travers le prisme de facteurs proposés par le PPH, nous pouvons immédiatement identifier sur quels facteurs nous allons pouvoir intervenir pour rétablir la participation sociale la plus complète possible. Prenons pour exemple une personne ayant une déficience motrice (Facteurs personnels/Systèmes organiques), et une incapacité à attacher ses lacets (Facteurs personnels/aptitudes). Le fait que les chaussures comportent des lacets est un obstacle (Facteurs environnementaux) qui la place en situation de handicap. En modifiant les obstacles (chaussures à attaches-velcro), la personne retrouve une participation sociale et une autonomie. Mon exemple est trivial, mais illustre bien la raison d'être du PPH.

Je vous invite à consulter deux sites extrêmement complets sur le sujet et offrant une vision plus globale du modèle : 
Bibliographie : 
    FOUGEYROLLAS, P., R. CLOUTIER, H. BERGERON, J. CÔTÉ, G. ST MICHEL (1998). Classification québécoise Processus de production du handicap, Québec, Réseau international sur le Processus de production du handicap (RIPPH)/SCCIDIH



dimanche 14 octobre 2012

Rétroaction sur le eportfolio de Yara Shehata


Le portfolio électronique que je commente aujourd'hui peut être consulté à l'adresse suivante : 

D'un point de vue strictement graphique, Yara, je pense que ton eportfolio correspond tout à fait aux exigences d'une lecture électronique facile. En effet, le choix d'une charte graphique simple et lisible permet de mettre en valeur les textes, et de ne pas être distrait par un grand nombre d'éléments "perturbateurs". 

L'organisation de ton portfolio électronique me semble être adaptée aux exigences du cours. J'apprécie beaucoup que tu aies créé des pages différentes pour les sections, cela évite d'avoir toute l'information sur une seule page, ce qui peut donner une certaine lourdeur à la lecture. Cependant, tu as séparé la session "Mes compétences technologiques" du reste de ton travail. J'ai le sentiment que tu n'as pas vraiment compris ce que M.Viens attendait de nous dans cette section. La compétence développée doit être rattachée à la session d'automne 2012 et n'est pas forcément une compétence "technologique" mais peut être également une compétence reliée à un des cours que tu as choisi de suivre cette session.

Toujours en termes de structure, il te manque une partie intitulée "Contexte du ePortfolio" qui devrait être présente sur la page de ta biographie. 

Néanmoins, je crois que c'est principalement le contenu de ton travail qui peut souffrir de certaines critiques. En effet, en ouvrant la section "Session Automne 2012", j'ai pu constater que tu n'avais inscrit que le cours PPA6001. Je ne sais pas vraiment si tu ne suis que ce cours à la présente session, mais si tel est le cas, tu peux gommer ce commentaire. En revanche, dans la section consacrée au cours PPA6001, il te manque plusieurs informations : le nom du professeur et la session, la liste des principales compétences (que tu peux trouver à la page suivante : http://www.progcours.umontreal.ca/cours/index_fiche_cours/PPA6001.html  (en changeant le sigle du cours que tu recherches).
 De plus, les objectifs à remplir ne sont pas forcément ceux du cours, mais bien ceux en lien avec tes propres objectifs professionnels et personnels. Enfin, tu devrais inclure une sous-section "Ressources et outils transférables à votre pratique"­.

Bref, je crois que tu devrais reprendre cette partie au complet afin de la rendre cohérente avec les critères d'évaluation du ePortfolio.

J'ai pu remarquer aussi, que, tout comme moi, tu n'as pas encore développé la partie "Compétence". Comme je te le disais précédemment, celle-ci n'a pas forcément à être une compétence technologique. Néanmoins, si le cours PPA6001 est le seul que tu suis cette session, il va effectivement être difficile de faire autrement.

J'espère ne pas avoir été trop dur avec toi et que mes commentaires ne te décourageront pas. Je voulais simplement attirer ton attention sur le fait que ton portfolio électronique ne correspondait pas encore aux exigences d'évaluation du cours. Tu as un bel outil entre les mains, il te reste maintenant à le construire plus en profondeur, car la date-butoir du 22 novembre approche à grands pas ! Bon courage à toi et n'hésite pas à me contacter par le biais de mon blogue si tu souhaites des précisions.


mercredi 10 octobre 2012

Diversité des troubles et ressources spécialisées en orthopédagogie

Dans le cadre du cours PPA6300 (population d'élèves HDAA), nous abordons semaine après semaine les différents troubles et difficultés d'apprentissage que nous serons appelés, en tant qu'orthopédagogues, à rencontrer chez notre clientèle. 
L'immense variété de situations possibles va nous amener, en tant que professionnels, à devoir proposer des stratégies applicables directement dans le groupe-classe, mais également en travail individualisé. Il semble toutefois difficile d'être en mesure de poser un diagnostic clair et d'y arrimer des remédiations spécifiques. Nous devrons donc tous nous constituer un réseau de ressources spécialisées nous permettant de parfaire notre formation continue. À ce titre, le centre de documentation de l'OPHQ (Office des Personnes Handicapées du Québec) est une véritable mine d'or. L'inscription est rapide et gratuite, on peut y emprunter 15 documents pour une durée de 3 semaines. 

Ci-dessous, le lien vers cette ressource incontournable : 

Dans le cadre d'un travail sur la dyslexie et la dysorthographie, j'ai consulté trois documents qui offrent un éventail très intéressant de pistes d'intervention didactique : 

Béliveau, M. C. (2007). Dyslexie et autres maux d’école. Éditions du CHU Ste-Justine, Montréal.           

           
Martinez, J. P. (2003). Un dyslexique ou un mauvais lecteur: le grand malentendu: Montréal: Éditions Nouvelles.

samedi 6 octobre 2012

Les cartes conceptuelles : opportunités et limites

J'ai déjà produit un billet théorique sur les réseaux de contextes et sur la possibilité qu'offrent ceux-ci de favoriser les apprentissages, notamment chez les élèves dysphasiques.

J'aimerais aujourd'hui réaliser un billet double concernant ma propre approche des cartes conceptuelles mais également leur utilisation pédagogique.

Pour ma part, l'utilisation d'une carte conceptuelle est une stratégie d'apprentissage très pertinente. Le fait d'avoir à lister tous les sous-concepts impliqués dans la compréhension d'un concept principal me permet d'être sûr de ne pas oublier certains facteurs d'influence. J'ai pris conscience de l'apport de cet outil en analysant mes pratiques de rédaction de travaux universitaires : j'étalais autour de moi plusieurs feuilles de papier, chacune portant sur un aspect du sujet traité, que je remplissais au fur et à mesure de mes lectures.

Toutefois, la carte conceptuelle peut être difficile à utiliser a posteriori. Je veux signifier ici que la carte conceptuelle est pour moi un outil de CONSTRUCTION et non de SYNTHÈSE. À ce titre, l'utilisation de tableaux me permet d'avoir beaucoup plus facilement une vision holistique d'une problématique. En effet, je trouve parfois très difficile de lire une carte conceptuelle, notamment quand celle-ci admet de nombreuses interactions entre les différentes sphères de réflexion.

Vous pourrez trouver ici un exemple de carte conceptuelle et qui concerne ma vision de l'enseignement : (cliquer sur l'image pour l'agrandir)




Concernant l'utilisation en classe de ce type de représentation graphiques, nous pouvons lister plusieurs avantages dans la construction des cartes conceptuelles, mais également quelques difficultés pouvant être anticipées :

Avantages : 
  • Apprentissages signifiants : une information peut devenir une connaissance quand elle est reliée aux connaissances antérieures d'un individu.
  • Structuration des connaissances : nommer les connaissances et rendre explicites les liens entre celles-ci permet d'organiser les connaissances en structures mentales cohérentes.
  • Traitement interne actif des connaissances :  en créant des cartes conceptuelles, l'élève réactualise ses représentations internes, et s'engage dans un processus de traitement profond des connaissances.
  • Outil d'amplification cognitive :  la carte conceptuelle permet une extension de la mémoire de travail.
  • Outil d'autorégulation cognitive : en construisant une carte conceptuelle, l'élève peut résoudre des conflits cognitifs entre ses représentations mentales et leur représentation externe.
  • Outil de compréhension et de mémorisation d'un texte : en décortiquant les concepts contenus dans un texte, l'élève améliore sa compréhension et sa capacité de mémorisation. 

Difficultés :
  • L'appropriation de ce mode de représentation peut représenter un véritable défi pour des élèves ayant été poussés durant toute leur scolarité à des représentations textuelles : risque de surcharge cognitive.
  • L'étiquetage des relations entre les connaissances peut être très problématique pour des élèves utilisant des termes très généraux ou ne possédant pas une certaine richesse lexicale.
  • L'établissement de liens entre des idées nécessite de la part des élèves une conceptualisation préalable : bien souvent, les élèves n'ont pas de connaissances sur le sujet ou ont simplement perçu des relations mais sans jamais les avoir formalisées. 
 Vous trouverez l'intégralité de ces textes ainsi que les références théoriques à l'adresse suivante : http://pages.usherbrooke.ca/schematisation/pages/cartes-conceptuelles.php  

De plus, cette page propose une réflexion pas-à-pas tout à fait intéressante sur le sujet.

mardi 2 octobre 2012

Cours PPA6001 : Potentialités et contraintes

Je pense que le cours que nous avons suivi cette session présente d'énormes avantages pour des étudiants de maîtrise. En effet, mises à part quelques exceptions, la cohorte semble composée essentiellement de professionnels, qui doivent gérer de front le retour aux études, leurs classes et éventuellement une vie de famille. À ce titre, la possibilité de gérer une grande partie de nos apprentissages, de nos travaux  et de nos choix par le biais d'un portail tel que Studium permet certainement à la plupart d'entre nous de concilier plus souplement les différentes sphères dans lesquelles nous évoluons.

Les aspects techniques ne m'ont posé aucun problème, dans la mesure où je travaille avec l'outil informatique depuis de nombreuses années. La découverte de nouvelles pratiques informatiques est pour moi une source de motivation, car je dois avouer posséder l'âme d'un "geek"...

En revanche, une formule ouverte telle que proposée par M. Viens m'a posé certains problèmes organisationnels. J'ai conscience d'avoir une gestion parfois déficitaire des priorités et du temps, et ce faisant, j'ai eu parfois tendance à délaisser certains travaux du cours pour me concentrer sur d'autres objectifs que j'estimais alors plus pressants. De plus, certains évènements tragiques dans ma vie personnelle ont constitué des obstacles à une tenue rigoureuse du présent blogue. Néanmoins, la possibilité de compléter nos travaux et de les rendre à distance m'a beaucoup simplifié la vie, car je n'étais pas tributaire d'un contexte formel de classe.

Grâce à cette expérience de gestion de blogue, je peux maintenant clairement situer quelles limites doivent être fixées aux apprenants afin de s'assurer que cet outil puisse s'inscrire dans une stratégie d'apprentissage. Il est clair, par exemple, que le contrôle des blogues des apprenants doit se faire de manière régulière, afin de permettre des réajustements rapides. Or, qui dit contrôle dit également temps : tous les enseignants sont conscients que plus ils multiplient les occasions d'évaluation formative, plus ils augmentent leur charge de travail à domicile.

Cependant, il est très clair que le support informatique permet de conserver des traces des écrits des élèves à très long terme, et ainsi de constituer un véritable dossier dans lequel il sera plus facile d'aller déterminer les erreurs récurrentes, ou encore de dresser un portrait longitudinal des forces et des faiblesses des apprenants.

lundi 24 septembre 2012

La ligne du temps

L'opportunité qui nous est offert de présenter une ligne du temps synthétisant les moments-charnières qui nous ont amené à nous orienter vers notre choix de future carrière me semble être une nouvelle fois un élément d'analyse réflexive très intéressant. Formaliser un cheminement personnel et professionnel m'apparaît comme une excellente manière de relativiser certaines difficultés que nous rencontrerons dans notre pratique. J'ai souvent entendu certains enseignants se poser la question de la pertinence de leur orientation et je crois que nous devons en tout temps nous rappeler que notre carrière est un choix, qui comporte nécessairement certains obstacles, mais qui a été fait en fonction de nos convictions et de nos caractéristiques personnelles.

Je ne me destinais pas à l'enseignement, mais plutôt à une carrière artistique, en particulier dans l'optique de la gestion de projets culturels. J'ai travaillé dans ce domaine durant plusieurs années, jusqu'à mon arrivée au Québec. La question de l'orientation professionnelle est alors devenue très prégnante, notamment quand j'ai constaté que mes diplômes universitaires français n'étaient pas reconnus à un niveau suffisant pour me permettre de continuer dans la voie que j'avais choisie.

Il m'a donc fallu réaliser un véritable bilan de compétences, mais également d'aspirations professionnelles, pour me permettre de me réorienter vers l'enseignement. Plusieurs axes d'intérêt issus de mon parcours personnel et de ma situation particulière d'immigrant ont donc été pris en compte, tels que :

  • le besoin de me sentir utile et d'apporter un soutien à des publics fragilisés.
  • le besoin d'être en contact avec d'autres êtres humains.
  • l'envie de travailler dans un contexte multiculturel.
  • l'envie de posséder une certaine autonomie professionnelle et de pouvoir être une force de décision, de proposition et d'innovation dans ma structure d'accueil.
Ce faisceau de facteurs convergeait tout naturellement vers l'enseignement (en général) et l'enseignement du français langue seconde (en particulier).

J'aimerais présenter l'outil "ligne du temps" de façon dynamique, afin d'y inclure plusieurs types de considérations (professionnel, personnel, etc.) et pour ce faire, l'utilisation d'outils technologiques me semble tout indiqué. À ce titre, le logiciel Ligne du temps développé par le RÉCIT paraît correspondre à mes critères : exemple de ligne du temps réalisée avec le logiciel du RÉCIT.

dimanche 23 septembre 2012

Réseau de contextes

À l'heure actuelle, il est évident que les contextes qui auront le plus d'influence sur la poursuite de ma formation sont d'ordre personnel. De nombreux évènements sont venus dernièrement perturber mon équilibre, et m'obligent à redéfinir certaines priorités sans toutefois perdre de vue mes objectifs premiers.

À ce titre, je pense que la représentation graphique d'éléments de réflexion personnels est un excellent moyen d'approfondir notre réflexion, de mieux saisir les liens entre différents concepts ou encore de prendre des décisions nécessitant la prise en compte de diverses problématiques. J'utilise cette stratégie depuis longtemps avec mes apprenants adultes, après l'avoir expérimentée en stage au primaire. Pour de nombreux élèves aux prises avec des difficultés relatives à l'abstraction, le fait de pouvoir visualiser clairement un réseau conceptuel permet de faciliter les apprentissages.

J'ai déjà utilisé durant mon baccalauréat le logiciel Inspiration, qui possède l'avantage d'être très intuitif et de ne pas nécessiter de compétences techniques très élaborées. 

Ci-dessous, vous trouverez un lien menant à un article et à une carte conceptuelle de Joseph D. Novak, de l'Université de Cornell, intitulé "LA THÉORIE QUI SOUS-TEND LES CARTES CONCEPTUELLES ET LA FAÇON DE LES CONSTRUIRE".

vendredi 14 septembre 2012

Un bon prof, qu'est-ce que c'est ?

Bonjour à tous,

J'ai trouvé intéressant cet article paru sur Lemonde.fr. Bien évidemment, il s'inscrit dans un contexte français, mais il reste pertinent également pour des enseignants québécois. 

Bonne journée à tous : 

mardi 11 septembre 2012

Commentaire sur le blogue de Simon Saint-Onge : l'importance des TIC à l'école :

Salut Simon. Je suis tout à fait d'accord avec toi, mais je poserai quelques bémols. Je crois qu'à l'heure actuelle, nous sommes en train de mettre un peu "la charrue avant les boeufs". Je veux dire par ici que l'utilisation des TIC suppose la présence d'enseignants intéressés par celles-ci, mais également capables de les utiliser à bon escient.. En effet, je vois souvent des enseignants qui, par exemple, utilisent le TBI comme une simple télévision ou encore comme un tableau noir. 
De plus, le système québécois actuel, qui favorise une certaine forme d'autonomie des commissions scolaires notamment financière, amène également des disparités énormes entre les élèves. Le recours aux TIC peut être un formidable moyen d'amener les élèves à développer des compétences nécessaires dans le futur, mais ces outils coûteux doivent également être mis à disposition de TOUS les élèves, afin que les inégalités sociales que nous connaissons ne deviennent pas des inégalités technologiques. À titre d'exemple, à l'heure actuelle, la CSMB commence à avoir un très fort taux d'équipement technologique, alors que ce n'est pas du tout le cas de la CSDM, qui elle est en prise à des difficultés financières importantes.
Enfin, je crois également que l'outil le plus important dont nous disposons reste l'humain. Je préférerais voir des classes avec beaucoup moins d'effectifs que des classes surchargées disposant d'outils technologiques.

Bonne journée à toi !

Le blog : utilisation pédagogique

J'ai déjà utilisé le blog en classe d'accueil comme outil de réalisation d'un projet. Chaque équipe devait, dans le cadre d'une SAÉ relative au fait français au Québec, réaliser un kiosque informatif dans le cadre d'une activité d'école. 

Le blog m'a permis de mettre en oeuvre plusieurs compétences (je ne parle pas ici des compétences ministérielles) : 

  1. La création d'un outil informatique et l'utilisation de celui-ci. Je constate souvent que les élèves, supposément "nés avec un écran tactile dans la main", ont une maîtrise tout à fait parcellaire des outils informatiques à leur disposition et ont un usage de l'informatique qui se limite généralement à l'étape de la "communication orale textuelle". Le fait de créer, selon un mode opératoire prédéfini, un véritable outil fonctionnel, leur pose des difficultés parfois très importantes. Le recours à l'informatique possède toutefois l'excellent avantage de focaliser l'attention des apprenants, y compris des plus "dissipés".
  2. Le travail collaboratif. Chaque blog était ouvert aux membres de l'équipe et à l'enseignant. Chacun des apprenants était responsable d'une partie de la création du kiosque et devait faire part de ses avancées à ses collègues, ainsi qu'à moi-même.
  3. L'évaluation du processus autant que de la réalisation. À l'heure où l'évaluation des compétences semble être le mot d'ordre (même si dans les faits, de nombreux enseignants continuent à évaluer des productions, puis à les rattacher à des compétences), ce type de format de travail permet réellement de percevoir les étapes par lesquelles sont passés les élèves et leurs interrogations, voire leurs erreurs.
  4. La possibilité d'un enseignement quasi-individualisé ou en tout cas d'une certaine différenciation pédagogique. Étant donné que les élèves travaillent dans une autonomie relative, il m'était possible d'intervenir de façon plus adéquate auprès de chacun d'eux, puisque j'avais sous les yeux leurs travaux de façon permanente.
En résumé : 
  • Activités possibles avec un blog = innombrables : club de lecture, nouvelles de la classe, communication avec les parents, suivi de projet, communication entre classes ou avec une classe à l'étranger, etc.
  • Freins = manque de maîtrise technologique de certains élèves, faible autonomie de certains élèves, nécessité de fixer un cadre de travail rigoureux pour éviter l'éparpillement, nécessité de posséder un laboratoire informatique dans l'établissement scolaire, inégalités entre les élèves possédant une connexion internet à la maison ou non.

vendredi 7 septembre 2012

Le blog : potentialités et contraintes

Tenir un journal de mes activités n'a jamais été mon fort. Pourtant, je suis actuellement très satisfait de cet exercice, car il s'inscrit clairement dans la même dynamique que l'enseignement. 

En effet, je pense que la planification, mal nécessaire pour la plupart d'entre nous, a une fonction réflexive bien plus importante que le simple fait de "savoir où on s'en va". Cet outil nous permet non seulement de faire en sorte que notre enseignement présente une cohérence en termes d'apprentissage mais également en termes de stratégies d'enseignement. 

Mais le travail le plus important se situe pour moi en aval : bien préparer ses cours, certes, mais surtout revenir sur sa préparation et déterminer les raisons de la réussite ou de l'échec de celle-ci. Sans ce travail réflexif, il n'est pas pensable d'apporter une amélioration à nos pratiques.

Le blog est à ce titre une forme de retour sur notre vécu d'enseignant. Bien évidemment il suppose de réussir en quelques lignes à synthétiser des interrogations parfois floues et/ou nombreuses, mais il permet surtout, à intervalles réguliers, de prendre un temps spécifique au retour sur soi et à ce que nous vivons dans nos classes.

La potentialité la plus importante du blog serait donc, selon moi, la possibilité de visualiser notre évolution personnelle et professionnelle de manière objective. La contrainte qui en découle donc nécessairement est une exigence de rigueur, que je ne crois pas posséder encore, mais que j'espère développer.

mardi 4 septembre 2012

Réflexion sur la production hebdomadaire du blog

Je ne considère pas la production de billets hebdomadaires sur le blog soit difficile, mais elle est clairement exigeante. 

En effet, je passe mes journées d'enseignant à baigner dans une sorte de "bouillon réflexif" à l'intérieur duquel je me questionne énormément sur mes pratiques et sur la manière de les adapter pour répondre aux besoins de mes apprenants. 

Mais cette analyse réflexive ne se situe qu'à un niveau conceptuel interne et ne dépasse que rarement le cadre de ma boîte cranienne pour aboutir sur un quelconque support. Or, l'exercice demandé par le blog m'oblige à formaliser certaines réflexions et à leur donner corps.

Cette "obligation" d'écrire deviendra un réflexe, j'en suis convaincu. Pour le moment, en revanche, je dois en quelque sorte me forcer à partager mes réflexions, car le recours à un outil tel que Blogger n'est absolument pas un automatisme. 

vendredi 31 août 2012

Orthopédagogie et éducation des adultes

La session d'été 2012 vient de terminer dans le centre de francisation auquel je suis rattaché et la remise des résultats d'examens à mes élèves de francisation-alpha niveau 1 m'amène à me questionner sur les ressources présentes susceptibles de les aider. 

Il semblerait que la notion d'élèves HDAA soit totalement évacuée dès que les apprenants franchissent le cap fatidique de "l'âge adulte" (18 ans). La notion de trouble d'apprentissage est pourtant extrêmement présente au niveau andragogique, même si aucun support spécifique n'est apporté à ce public particulier. 

Dans ma pratique quotidienne, je constate en effet qu'environ 20 à 25 % de mes élèves présentent des caractéristiques très claires de difficultés qui ne peuvent être simplement contingentées au fait que ceux-ci ne pouvaient pas justifier au moins 9 années de scolarité. 

Somme toute, je pense qu'il serait plus que temps de réaliser que le simple "soutien linguistique" (qui n'est en fait qu'un temps supplémentaire de répétition des concepts déjà abordés en classe régulière) n'est pas suffisant et pas adapté aux problématiques rencontrées par ces apprenants. J'espère pouvoir, au fil de ma formation, réussir à mettre en place des outils permettant le diagnostic de ces troubles chez les adultes et la mise en place de stratégies individualisées mais également applicables en grand groupe. 

mercredi 29 août 2012

Deuxième cours : rencontre avec les enseignants et questionnements.

L'activité proposée par le cours aujourd'hui était alléchante : rencontrer certains des professeurs des cycles supérieurs, afin qu'ils nous exposent leurs champs d'expertise. 

Malheureusement, très peu d'enseignants avaient pu faire le déplacement, mais j'ai eu l'occasion de discuter avec M. Jacques Langevin, qui dirige une unité de recherche consacrée à l'accessibilité des textes pour les personnes atteintes d'incapacités intellectuelles. 

J'ai pu constater que ma pratique professionnelle rejoignait sur de nombreux points les conclusions tirées des recherches de M. Langevin, notamment en ce qui concerne l'ajout de repères graphiques sur les graphèmes complexes du français.  

Je me questionne désormais sur l'orientation à donner à mes études supérieures : suis-je toujours sûr de vouloir être un praticien ou devrais-je suivre une voie plus théorique de recherche ? En somme, mon interrogation est la suivante : est-il concevable d'allier recherche et pratique dans le cadre universitaire ? Affaire à suivre...